Le Cambodge a beau être un pays magnifique et extrêmement propice au tourisme aujourd’hui,il n’en a pas toujours été ainsi. En témoigne le sombre passé du territoire.

Il était impensable de passer par Phnom Penh sans envisager la visite de deux endroits : la prison Tuol Sleng, qui fut utilisée par le régime Khmer pour la torture et l’interrogation, ainsi que le terrible centre Choeung Ek ou étaient éxécutés par centaines les prisonniers du régime de Pol Pot.

Cranes humains au Mémorial Choeung Ek

Un tel article mérite une petite leçon d’histoire, car si je ne connaissais que très peu le passé du Cambodge, mon séjour si place m’a donné l’opportunité de rattraper mon retard culturel…

Les Khmers rouges étaient les membres d’une organisation communiste qui fut fondée en 1954. Ses membres mirent en place une dictature d’une extrême violence dans le but de créer « une société socialiste sans classe et purgée des séquelles de l’influence capitaliste et coloniale occidentale » (source : Wikipédia).

Une des idéologies centrales des Khmers rouges consistait à dissocier population agricole et citadins, ces derniers étant corrompu par l' »impérialisme bourgeois« . Ils devenaient alors une cible indiscutable pour les leaders de la révolution, qui ne juraient que par l’éradication des intellectuels au profit d’une rééducation des survivants par le travail manuel (On est alors très proche des goulags mis en place par l’ancienne Union Soviétique, doctrine communiste oblige).

Le Mémorial Choeung Ek

Le leader charismatique de ces barbares ? Vous le connaissez tous sous le nom de Pol Pot. Le mouvement pris énormément d’ampleur dans les années 70 lors de l’extension de la guerre du Vietnam : l’ancien roi Cambodgien Norodom Sihanouk alors chassé fit appel aux Khmers pour combattre l’ennemi américain. L’objectif : prendre le maquis.En Avril 1975, la capitale Phnom Penh faisait office de ville fantôme après que les Khmers rouges l’aient vidés de ses habitants pour les envoyer travailler sous surveillance dans les campagnes. On assiste alors à un massacre sans précédent des intellectuels. Ce n’est ensuite qu’en 1977 que Pol Pot, confronté à une situation économique dramatique, commença à chercher des boucs émissaires au sein même du Parti.

Finalement, en Janvier 1979, le Vietnam envahit le Cambodge, mettant ainsi progressivement fin au régime. Il faudra néanmoins attendre le milieu des années 1990 pour que Pol Pot soit lui même mis en cause par les Khmers rouges restants. Il décèdera d’ailleurs en 1998, un an après sa capture, et ce dans des circonstances douteuses et toujours discutées.

La prison Tuol Sleng à Phnom Penh

A noter que le principal dirigeant actuel du Cambodge, Hun Sen, Premier ministre du Cambodge, est un ancien Khmer rouge, ayant fait défection du côté vietnamien en 1977.

Fouler ces sols au passé si lourd n’est pas chose aisée. Difficile de se sentir à l’aise, le malaise et l’émotion sont omniprésents. On n’en ressors différent, c’est certain. On comprendra aisément les yeux embués des personnes les plus sensibles (en particulier les ressortissants cambodgiens qui se rendent sur les lieux de meurtre d’un de leur descendant).

Sous le sol, plus de 450 cadavres

Pour en revenir à ma visite de ces deux lieux hautement symboliques : si je n’avais jamais eu l’occasion de visiter un camp de la mort auparavant, l’expérience est terriblement marquante. Sûrement une des pires atrocités que j’ai pu voir au cours de mon voyage. A ne pas manquer donc. Pour ne jamais oublier ce dont quoi l’Homme est capable. Je vous en laisse seuls juges.

Retrouvez maintenant un extrait du film de mon tour du monde, appelé Backpacker, à propos de ces deux visites.

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