Lorsque vous parlez du Brésil à quelqu’un, il y a 90% de chance que la première chose qui lui vienne à l’esprit soit Rio de Janeiro.

Et pour cause : Rio est une de ces villes mythiques de par l’image qu’elle dégage. Ce genre d’endroit qui vous en met plein la vue, d’entrée de jeu. « Quand tu souris, je m’envole au paradis…

Je vais à Rio…de Janeiro » bien entendu ! Même si vous n’y êtes jamais allé, vous avez forcément quelque part en tête ces images du Christ, le fameux Corcovado qui domine la baie de Rio les bras ouverts en guise de protection.

Et il n’est pas le seul a vous tendre les bras…Car les Brésiliens cultivent cet art de recevoir, cette chaleur humaine incomparable, ressentie depuis les plus hautes sphères sociales de la société jusqu’au fin fond même de la favela….

Je devais passer 4 jours à Rio. Au départ via un vol Rio de Janeiro – Sao Paulo pour des raisons logistiques. J’y resterai finalement 2 semaines. En lisant cet article, vous comprendrez pourquoi (et peut-être même vous apprêtez vous sans le savoir à acheter un billet d’avion !).

Au terme de 6 heures de bus depuis São Paulo (une broutille quand je vois qu’en moyenne mes trajets terrestres descendent rarement sous la barre des 15 heures), me voici enfin à destination. A peine sorti de la station de bus, me voilà déjà à regarder dans tous les sens si je peux apercevoir la célèbre statue du Christ Rédempteur. C’est amusant car en un sens, ça m’a rappelé à quel point j’étais à l’affût en arrivant sur le site du Machupicchu au Pérou.

Evidemment à la gare et pour rejoindre le centre, il y a bien plus économique que le taxi. Pour vous rendre à Copacabana ou Ipanema par exemple, sortez de la gare routière, traversez la rue et vous trouvez alors la station de bus urbain à 100 mètres (ne trainez pas en route, cet endroit n’a pas bonne réputation). Prenez alors le bus 128 : 30/40 minutes seront nécessaires. Si jamais vous décidez de prendre un taxi, faîtes attention à ne pas prendre ceux stationnés à la sortie de la station : le prix de la course sera alors défini dès le départ, et souvent à un prix démesuré. Préférez ainsi quelques instants de marche pour arrêter un taxi avec un compteur (ce conseil vaut d’ailleurs pour Rio en général, faîtes toujours attention que le chauffeur mette en route le compteur et dans le cas contraire, exigez qu’il le fasse).

La plage de Copacabana

Le bus pour Ipanema à lui seul vous donnera un premier aperçu des extrêmes qui se côtoient : vous passerez à l’entrée d’une favela dès les premières minutes de votre trajet pour finir dans le quartier riche et huppé d’Ipanema. C’était déjà flagrant quand je vous avait parlé de São Paulo, ça le fut encore plus à Rio.

Vue depuis la Favela de Rocinha

Car vous vous en apercevrez très vite, la ville de Rio de Janeiro est une carte postale du Brésil à elle toute seule.Un peu de géographie à présent car ce blog se veut-être un peu sérieux de temps en temps. Rio de Janeiro compte 6,1 millions d’habitants intra-muros pour environ 11 millions dans la banlieue. Il s’agit de la deuxième plus grande ville du pays après São Paulo.

Lorsque j’étais en Colombie, j’avais lu un article intéressant sur Cartagena à propos des importants contrastes richesse / pauvreté. Au travers des photos accompagnant le papier en question, on pouvait y voir jet-setteurs sur leurs yachts opposés aux enfants des rues shootés à la colle.

A Rio de Janeiro, vous en prendrez plein la figure à ce niveau, surtout du côté de Copacabana, ou juste derrière de certains des plus importants palaces de la ville sont visibles quelques favelas.

Copacabana et contrastes sociaux

En revanche, j’ai trouvé Rio plus « safe » que je ne l’aurait imaginé. Il faut dire que l’on m’en avait dressé un tableau terriblement noir. Tout commençait en effet par cette mésaventure dont Nicolas, qui m’avait hébergé à Bogota, m’avait parlé, à propos d’un globetrotter français qui parcoure l’Amérique du sud à vélo. Une bande dessinée (que je vous invite à consulter sur son blog en cliquant ici) qui annonçait la couleur : « Attention à Rio » !Mais sur place, la vérité en a été tout autre…Soyez aussi réaliste en admettant que j’ai peu être eu une certaine chance au cours de mes déplacements nocturnes. Bilan de ces deux semaines sur place : je ne pouvais pas partir de Rio, et cela a été difficile.

Coucher de soleil depuis le pain de sucre

Difficile pour plusieurs raisons, car je savais que je ne reverrai pas la plage (tout comme la chaleur) avant un moment, mais surtout que je quittais des gens avec qui j’avais passé deux semaines de folie.Parmi eux, Karim, un bordelais de 21 ans avec qui nous avons fait les 400 coups. Lui avait déjà passé un peu de temps sur Rio et je dois dire qu’il avait bien repéré les lieux ! C’est ensemble que nous partirons dans les favelas de la ville…

Karim, je l’avais d’ailleurs rencontré dans une des meilleures auberges de jeunesse qu’il m’est été donné de visiter depuis Décembre. Si vous souhaitez y faire un tour, je vous conseille donc vivement le Rio Hostel (Rua Caning 18, Casa 1, Ipanema). Camila, Ines et Luceanne sauront vous faire passer un agréable séjour (et iront même faire la fête avec vous). J’ai rencontré un nombre assez impressionnant de backpackers sur place, et j’en garde des souvenirs à vie.

La plage d’Ipanema, 2 minutes à pied de l’hostel

Rio, c’est aussi des montées d’adrénaline garanties et j’en ai d’ailleurs plus d’une au compteur…Pour illustrer mes propos, prenons une petite anecdote…Il faut savoir qu’à Rio de Janeiro (comme dans tout le Brésil d’ailleurs, même si ça a été beaucoup plus flagrant pour moi à Rio qu’à São Paulo par exemple), une loi autorise la nuit les conducteurs à passer au rouge si personne n’arrive en face.

La raison à cela ? Les braquages fréquent commis lorsque les conducteurs sont à l’arrêt.

Ainsi au cours de mon séjour, je serai directement victime de cet étrange (mais néanmoins nécessaire) code de la route.

Un soir, alors que nous étions en direction du quartier de Lapa avec Eirik (un norvégien) et le fameux Karim introduit plus tôt, notre taxi a violemment percuté un bus…Flash-Back: Il est environ minuit lorsque notre voiture avoisine les 100 km/h sous la pluie (oubliez toute règle de conduite, nous sommes à Rio, je vous le rappelle). Si vous prenez un jour le taxi à Rio, il peu y avoir des chances que celui çi ne comporte pas de ceintures de sécurité. C’était notre cas.

Alors que nous roulons à tombeau ouvert, un bus surgit de notre gauche et vient littéralement couper la route de notre taxi.

Le choc est violent, et le chauffeur perd instantanément le contrôle de l’auto. Nous percutons dans un premier temps le haut trottoir afin de finir dans le mur. Par chance, nous ne sommes rentré dans le bus comme dans le mur que de côté uniquement.

Quelques centièmes de secondes avant de nous encastrer dans le béton, j’ai juste le temps de voir notre chauffeur se précipiter sur Karim assis à l’avant, pour le protéger. Un geste héroïque juste avant le gros bruit de tôle froissé…Il nous demande si ça va, nous en faisons de même et après un rapide check-up, nous sortons du taxi.

La voiture a été pulvérisée sous le choc. Et il faut dire que nous aussi étions sous le choc. Même une heure plus tard, nous ne faisions pas vraiment les malins, c’est moi qui vous le dit.

Grosse frayeur supplémentaire quand nous constatons que nous avons frôlé un poteau de justesse (la voiture est passée entre le poteau et le mur…). A quelques dizaines de centimètres près, je n’aurai peut-être plus éré là pour écrire ces lignes, et Karim encore moins pour les lire. D’ailleurs à propos de Karim, la chance l’a poursuivi dans les jours suivants, puisqu’il a pris le vol régulier Rio de Janeiro – Paris d’Air France 2 jours avant la catastrophe…

Le bus que nous avons percuté ne s’est pas arrêté (!!!) et en l’espace de quelques secondes, il va se passer quelque chose d’assez étrange : notre chauffeur de taxi va alors se mettre à courir, abandonnant ainsi son épave clefs sur le contact (peu de chance qu’elle roule à nouveau mais quand même !) et 3 touristes en pleine galère.

Nous sommes juste à l’entrée du tunnel qui mène à Botafogo, en contrebas d’une favela. Il pleut à torrent, notre chauffeur s’est donc volatilisé et il vaut mieux ne pas rester trop longtemps sur place. Nous arrêterons assez vite un autre véhicule. Cette fois-çi, ceinture de sécurité pour tout le monde !

Concernant la fuite de notre précédant chauffeur, nos formulerons trois hypothèses : 1 / Il n’était pas en règle 2 / Il était ivre ou sous l’influence de drogues et voulais éviter la police 3 / Il est parti à la poursuite du bus.

« Friends for life » : voilà le pacte que cet accident a scellé pour nous ce jour. Nous sommes conscient de ce la chance incroyable que nous avons eu. Nous passerons la fin de la soirée à Lapa au club de Salsa Democráticoà essayer d’oublier ce mauvais épisode une caïpirinha à la main sur quelques pas de danse (encore trop) hésitants. Merci d’ailleurs à Isabel pour la leçon !

A Rio de Janeiro, il était hors de question de se contenter de rester dans les beaux quartiers de la ville, et ces 15 jours sur place m’ont également permis de me rendre au coeur de certaines des quelques 968 favelas que compte la ville.La première fois, c’était en rentrant de soirée, avec Karim. Nous voilà ainsi là, à 5 heures du matin, à l’entrée de la favela. Nous ne passons pas inaperçu, et au moment ou nous entamons la montée de cette étroite ruelle, nous savons qu’il va falloir se faire discret…

La suite très prochainement…