São Paulo…ou ma première destination au Brésil. Petit retour en arrière. A peine deux heures avant de prendre mon avion pour le pays de la Samba, je suis braqué aux abords de l’aéroport de Lima. Sous le choc et à mon arrivée à l’aéroport, je passe deux appels en France.

Que faire ? Je suis dépité mais je me résonne. Prendre mon avion pour le Brésil dans un premier temps, essayer de me calmer.

Je reviens de Cusco, n’ai que très peu dormi durant ces 21 heures de trajet, mais comment voulez trouver le sommeil après un tel épisode ?

São Paulo

A bout de forces, je parviens à récupérer une heure et demie. Lorsque j’ouvre les yeux, nous survolons la gigantesque métropole de São Paulo. Nous avons également perdu 3 heures au niveau de l’heure et le soleil m’offre un beau ciel bleu pour l’arrivée…

Cette arrivée justement qui n’aura pas lieu dans l’immédiat, un phénomène plutôt rare s’étant produit (du moins je l’espère, sinon ça craint sérieusement) : notre pilote s’est apparemment trompé d’aéroport (São Paulo en compte deux) ! Nous voilà donc à rester dans l’avion au sol, à l’attente des consignes, qui ne tardent pas à tomber : « Le débarquement aura lieu dans 15 minutes » nous annonce une des hôtesses. Mais un quart d’heure plus tard, c’est une autre histoire : « Nous avons l’ordre d’attendre une heure de plus pour savoir si nous pouvons débarquer« . Certains businessmen agacés (et visiblement en retard) commencent à rouspéter. Tout le monde ou presque sort son portable. C’est assez étrange, j’ai le sentiment d’être en quarantaine, comme si nous étions tous en porteur du virus H1N1. Environ 1h30 plus tard, retournement de situation : nouveau décollage pour l’aéroport voisin ou nous aurions du nous poser (à 8 minutes de vol, ce qui vous donne une idée de la taille de la ville !).

C’est le bout de la galère péruvienne qui se profile apparemment pour moi et d’ailleurs, dès le débarquement à São Paulo et le passage aux douanes, c’est toute la chaleur du Brésil qui m’envahit, du portugais qui résonne dans l’aérogare au sourire des agents de police.

Je passe rapidement les formalités administratives pour chercher de quoi retirer mes premiers Reals, la monnaie locale…Mais apparemment, le détenteur de ma poupée vaudou vient encore de planter une aiguille car ma carte bleu ne passe nul part ! Et on m’avait prévenu : les cartes étrangères ont souvent du mal ici.

Je passe 45 minutes à essayer tous les distributeurs de l’aéroport (une bonne quinzaine) sans succès. Les bureaux de change refusant de prendre les quelques Soles péruviens me restant en pièces, je suis dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit !

Finalement, avec un peu de persévérance (et sûrement aussi beaucoup de chance), c’est la délivrance : une machine finira par fonctionner. Si d’ailleurs vous envisager un passage dans le coin, ne perdez pas de temps et cherche une machine intitulée : « Banco 24 Horas » (il y en à assez fréquemment dans tout le pays).

Que va t’il m’arriver de pire à présent ? Je suis prêt à tout maintenant je dois dire: enlèvement, accident de bus (j’ai d’ailleurs eu un accident de taxi vraiment impressionnant à Rio, j’y reviendrai dans un prochain article), j’en passe et des meilleures. Une galère n’arrive jamais seule c’est bien connu…

Par chance, je me suis visiblement trompé et j’arriverai dans le centre de la ville sans encombre (comptez 40 minutes de bus depuis l’aéroport).

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(C’est à ce moment que vous pouvez lancer la musique avant de poursuivre la lecture. Le titre : Carolina interprété par Seu Jorge)

Première impression : il fait nettement plus chaud qu’à Lima, et ça tombe bien, je suis en tongs. Affamé, je me dirige en direction de ces petits kiosques ou l’on peut acheter des petits pâtisseries salées (les Salgados). Les premières phrases de portugais sont folkloriques ! Je ne comprends absolument rien, mon interlocutrice l’a bien compris et je me contente du langage des signes qui m’a servi plus d’une fois, notamment lors de mes premiers jours au Mexique !

Une fois rassasié (pour environ 1 dollar), direction le métro pour rejoindre le centre-ville, ou j’ai rendez-vous avec Vânia, sympathique hondurienne vivant au Brésil depuis ses 11 ans, et rencontrée par l’intermédiaire (une fois n’est pas coutume) du couchsurfing.

Je n’ai quasiment pas dormi et cela se voit. Dans le métro comme dans la rue, je ne passe pas inaperçu. J’espère que Vania sera à l’heure, je suis à bout et j’ai encore mon agression dans la tête. Besoin de vite poser mes affaires quelque part.

São Paulo at night

Vânia parle un peu français, lit mon blog et a donc suivi mes péripéties de la veille. Lorsqu’elle arrive avec un énorme papier (limite banderole !) avec un mot de réconfort (un mix d’anglais, d’espagnol, de portugais et de français), je sais que je suis tombé entre de bonnes mains.

Je suis resté presque une semaine à São Paulo, le temps de décider de ce que j’allais faire et de reprendre un peu de force morale. Mission accomplie grâce et elle ses amis que j’ai pu rencontrer en masse, notamment Ana Luiza, Marilia, Livia, Eduardo, Mari

Un soir, et alors que j’étais de sorti dans un Boteco avec toute cette petite troupe, il m’est arrivé une petite anecdote assez surprenante. Au moment de régler l’addition au bar, un client me pose une question que (bien entendu) je ne comprends pas. Lui expliquait que je ne parle pas portugais, j’attise sa curiosité et il me donc demande d’ou je viens. C’est à partir du moment ou je lui annonce que je suis français que les choses deviennent plus intéressantes…

En guise de réponse et avec un grand sourire dont seuls sont capables les Brésiliens, notre ami commence s’adresse alors à moi en français avec une facilité déconcertante : Otavio a vécu non seulement en France, mais dans ma ville, à Lyon (dans un quartier que j’affectionne tout particulièrement, la Croix-Rousse) pendant 2 mois en Janvier et Février dernier, dans le but d’y apprendre le français.

Je n’ai jamais rencontré une personne capable de s’exprimer de la sorte en français, cette langue si complexe, avec une telle fluidité et surtout en aussi peu de temps. A vrai dire, je n’en reviens toujours pas et je pense que Otavio fait parti de ces rares surdoués capables d’apprivoiser une langue aussi facilement : il parlait mieux en deux mois quelques personnes que je connais qui ont à leur actif près de 10 ans de français derrière eux. Une très belle rencontre que l’on arrosera à coup de Caïpirinhas.

Mon séjour à São Paulo fut également l’occasion de racheter une nouvelle caméra ainsi qu’un nouvel appareil photo. Ce même matériel que je me ferai à nouveau voler quelques semaines plus tard…Notez que si vous êtes au Brésil, abstenez vous de tous frais pour du matériel de ce type (en général électronique), les prix sont très élevés.

Mais à São Paulo, j’ai eu aussi l’occasion de me rendre à Santos, petite ville au bord de la mer, à environ 1 heure de bus de la grande métropole. Santos est connue comme l’endroit ou avait joué en son temps le roi Pelé.

L’occasion de marcher pieds nus au bord de l’eau, ce moment qui se veut aussi idéal pour prendre quelques jolis clichés au coucher du soleil…

Coucher de soleil à Santos

A Santos, nous paierons quelques Salgados aux enfants des rues (dont l’un d’eux portait fièrement le maillot de Ronaldo) avant de reprendre la route de Sao Paulo.

La rue…Parlons en justement. De la misère tout au long de mon parcours, j’en ai vu, en Amérique centrale notamment. Mais je n’avais jamais rien vu de tel. Lorsque j’en discutais avec les Brésiliens que j’ai rencontré, les chiffres faisaient peur : le pays compterait 60% de gens très pauvres, 30% de classe moyenne et 10% de riches à très riches.

Impossible d’échapper à la vision de ces SDF qui vivent à même le sol. Il est difficile de vous décrire l’ampleur du phénomène (et vous pensez bien que je ne me suis pas risqué à prendre des photos, par respect pour eux comme par mesure de sécurité). Marchez dans le centre à partir de la tombée de la nuit et vous comprendrez : des centaines de malheureux occupent le sol. C’est disproportionné, démesuré, choquant. Et les termes employés me paraissent bien faibles au vu de ce que ma rétine a imprimé.

Evitez absolument la Praça da Sé (en plein centre), surnommée « Crackville« , dès la tombée de la nuit, ou comme son nom l’indique les drogués se défoncent aux yeux de tous. Dans la rue au Costa Rica j’ai eu un début d’altercation avec une personne sous crack, et je ne recommande pas l’expérience. La journée, cet endroit est à voir pour la belle cathédrale, mais la vigilance est de mise.

Praça da Sé à São Paulo

Je suis reparti de São Paulo avec ce sentiment d’avoir pris de plein fouet les contrastes saisissants entre richesse et pauvreté. J’ai arpenté les rues de la ville en zigzagant parmi les corps allongés de cette terrible détresse humaine, discuté avec quelques uns d’entre eux (conversation malheureusement limitée par mon niveau de portugais…), et en comparaison ai eu un bref aperçu de la jeunesse dorée locale en sortant quelques soirs…

Downtown São Paulo

Au sud de la ville, le quartier de Morumbi illustre ces propos de façon fracassante et se passe de commentaires. Cet endroit de la grande métropole compte les immeubles les plus impressionnants et abritent la haute bourgeoisie brésilienne. Sur certains d’entre eux, une piscine par balcon. En contrebas ? La favela, les bidonvilles…

Morumbi ou l’impressionnant contraste du paysage urbain

Si je ne me suis pas aventuré dans les favelas de São Paulo, je l’ai fait à plusieurs reprises à Rio de Janeiro. J’y reviendrai dans un prochain article mais sachez dès à présent que cette expérience m’a marqué à vie.

Sur place, je vous recommande les endroits suivants : Lapejú (minuscule petit bar avec ambiance très locale ou certain stars comme Michael Jackson se sont rendu dans le passé) situé Rua Frei Caneca (parallèle à Rua Augusta), le Teta, café entre les quartiers Pinheiros et Vila Madalena et ou se joue régulièrement du Jazz en live : testez leur Caïpirinha Maracujá (fruit de la passion : mon énorme coup de coeur), vous m’en direz des nouvelles. Je vous recommande aussi le bar à samba Seu Zé (situé dans le quartier très animé de Vila Madalena, ambiance géniale et 100% locale).

Enfin, ne manquez pas de tester ces petites boutiques (qui sont légion !) ou il est possible d’acheter n’importe quel jus de fruit pour une misère. Vous voulez du local ? Testez donc l’acérola ou encore l’acaï ! Vous pourrez également en profiter pour gouter quelques Salgados (mes préférés : les Coxinha). Avec un peu de chance, vous aurez même droit à un peu de Samba en terrasse…

Samba !

Je n’ai pas rencontré le moindre touriste en presque une semaine sur place et pour cause, Rio de Janeiro (à 6 heures de bus au nord) est très largement préférée ! Je remercie de tout coeur Vânia pour m’avoir ouvert les portes de son petit appartement pendant ces 5 jours, mais je remercie aussi l’ensemble de ces amis qui ont presque réussi à me faire oublier mes déboires grâce à leur bonne humeur. Dernière petite chose, Vânia me fait dire qu’elle serait ravie de vous accueillir si vous êtes de passage dans le coin ! Ne ratez pas l’opportunité, son profil Couchsurfing se trouve ici !

Prochaine découverte dans quelques jours : l’incroyable Rio de Janeiro, incontestablement classée dans le top 3 de mes villes préférées et découvertes depuis Décembre dernier.

Je vous quitte avec cet autre morceau de Marcelo D2, un rappeur brésilien.

[audio:http://www.romaincorraze.com/divers/marcela-d2.mp3]